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Ils ont la parole
Témoignages

André Cognat

Père de Marjorie Cognat, accueillie depuis avril 2025 à l'Accueil de Jour Eurêka (87)

Le bonheur est un chemin et, même si le handicap amène son lot de difficultés, il faut y croire.

Marjorie Cognat, 40 ans, est accueillie depuis avril 2025 à l’Accueil de Jour Eurêka, après dix-neuf années passées à l’Accueil de Jour ALIS. Souriante, curieuse et pleine d’énergie, elle vit aujourd’hui en logement autonome avec son compagnon. Très entourée, elle garde un lien fort avec ses parents, André et Monique, pour qui son parcours est une véritable leçon de vie. Son père témoigne, avec bienveillance et conviction, du chemin parcouru et de la force des liens familiaux et de sa confiance en l’avenir.

 

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre famille et plus particulièrement votre fille, Marjorie ?


Je suis André Cognat. Avec ma femme, Monique, nous sommes les parents de trois enfants. Rapidement après la naissance de notre seconde, Marjorie, en 1985, nous nous sommes aperçus qu’elle avait des soucis. Vers ses 3 mois, les médecins nous ont annoncé qu’elle était aveugle et porteuse d’un handicap mental. Quand ce verdict tombe, c’est le cauchemar total pour nous. Mais la suite de l’histoire est autrement plus belle et nous redonne espoir. Vers ses 6 mois, avec Monique, nous avons remarqué que Marjorie réagissait à la lumière. Elle devait donc voir, tout de même, un peu. En effet, c’est finalement en soignant son foie que Marjorie a pu retrouver partiellement la vue. Elle se déplace encore avec une canne aujourd’hui.

 

Quel a été son parcours et son accompagnement de l’enfance à aujourd’hui ?


À son entrée en petite section, elle était suivie par une orthophoniste et un psychomotricien. Elle est, ensuite, sortie du cursus scolaire pour entrer à l’Institut Aimé Labregère, à Limoges, jusqu’à 16 ans. Après, elle est partie en internat, à Ambarès et Lagrave, avec un suivi par le CSES (Centre de Soins et d’Éducation Spécialisée) de Peyrelongue, près de Bordeaux. Elle partait le lundi matin et revenait le vendredi soir, ainsi que pour les vacances scolaires. Quand elle a eu 21 ans, elle a été orientée vers l’Accueil de Jour (AJ) ALIS, à Limoges, où elle est restée près de 20 ans, jusqu’à sa fermeture. Nous avons été ravis que la Fondation des Amis de l’Atelier propose alors d’accompagner certaines familles qui se retrouvaient sans solution pour leur enfant. Marjorie a ainsi intégré l’AJ Eurêka en avril 2025. Elle a pris ce changement comme un défi et s’est rapidement intégrée. Je vois que la Fondation est très attachée au respect des envies de chacun. L’accompagnement va au-delà d’un aspect occupationnel, et cela nous semble essentiel pour l’avenir de Marjorie.

 

Comment imaginez-vous l’avenir de votre fille ?


Notre objectif, c’est qu’elle puisse se passer de nous. Elle est évidemment très attachée à son papa et sa maman, mais elle arrive déjà à être assez indépendante. Depuis quelques temps, elle ne vit plus avec nous. Elle a sa propre maison avec son ami. Il y a quelques années, cela ne nous aurait pas semblé envisageable, c’est donc une victoire de la voir si épanouie. Marjorie est une fille joyeuse, lumineuse. C’est aussi une meneuse et une personne qui adore aider les autres. Je lui souhaite de trouver sa voie pour réussir à transmettre et partager des choses auprès de ses pairs. Son cheminement est déjà extraordinaire, même si elle a encore besoin de nous pour l’instant.

 

Auriez-vous un message à faire passer ?


Je crois beaucoup à l’union des bonnes volontés et à la dynamique de groupe. Si nous, parents aidants, avons la même détermination, et nous mobilisons auprès des
institutions et de nos enfants, nous avancerons tous bien mieux. Le bonheur est un chemin et, même si le handicap amène son lot de difficultés, il faut y croire. Nous avons la chance d’avoir, à nos côtés, une structure comme l’AJ Eurêka, avec des éducateurs dont la vocation est totale et qui entourent le mieux possible nos enfants.

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